mardi 29 décembre 2009

KARPOV - TOPALOV (LINARES 1994)

Après le coup 9 de Topalov :

Topalov a décidé de jouer la défense au maximum en regroupant ses pions de la même manière que dans une Sicilienne Scheveningue(n).
Cela donne une stucture de pions repliée qui protège les cases du centre sans prendre de risque.
Un inconvénient se présente toutefois pour Topalov : ses fous sont pour l'instant bloqués par cette structure.

Beaucoup de Grands Maîtres utilisent cette structure pour obtenir un partage du point dans les tournois où ils démarrent avec les noirs, sachant qu'une nulle avec un joueur aussi fort que Karpov équivaut à une victoire potentielle lorsque les couleurs sont inversées.
L'avenir de cette partie dira que Topalov a eu tort.

Mais tout le monde n'est pas Karpov ...

En contrepartie, ici, le jeu de Karpov est beaucoup plus disponible pour l'attaque.

Comment va t' il procéder ?

De façon spendide comme nous le verrons ...



mercredi 23 décembre 2009

KARPOV - TOPALOV (LINARES 1994)

Après le coup 3 de Karpov :

1.d4 Une des deux ouvertures les plus pratiquées après e4 : je l’ai provisoirement abandonnée depuis que j’ai étudié les parties de Mathilde Congiu qui m’a servi de modèle pour e4.
D4e donne lieu pour moi a trop de variantes dites irrégulières mais qui sont loin d’ être les moins intéressantes.Je pense qu’il faut être très aguerri pour s’en sortir de toutes les transpositions possibles.

…...Cf6 : réponse fréquente qui peurt donner lieu à beaucoup de possibilités avec L’est Indienne par exemple, une de mes défenses favorites après la Sicilienne mais attention je ne tarderai pas à changer (de toute façon je perds quand même car c’est le début de milieu de partie qui m’est fatal.


2 c4 Un grand classique qui débouche sur beaucoup de possibilités
… ….c5 Cette poussée de pion peut entraîner sur l’ouverture Benoni, ouverture très technique et dangereuse de pions.

3. Cf3 Karpov évite le piège de la Benoni pour faire une transposition vers l’ouverture Anglaise.
On voit ici combien de transpositions sont possibles et importantes avec d4 comme coup de départ.
C’est la raison pour laquelle je me refuse de classer les ouvertures en « ouvertes » et « fermées ».
Cette classification est trop rigide à mon avis et débouche sur un apprentissage trop théorique et donc dangereux dans la pratique.

Variante : si Karpov avait joué d5 il entrait dans le jeu de Topalov en acceptant la bataille de pions de la Benoni.

Aurait il perdu? Je ne crois pas mais le style du jeu aurait été totalement différent.

Ceci démontre qu’une ouverture n’est jamais décidée par un joueur seul mais que c’est le ballet des deux joueurs qui décide de l’ouverture : une raison de plus de rejeter l’apprentissage trop théorique des ouvertures.
Pour un débutant le début du milieu de partie et la fin de partie doivent être plus travaillées.
Eviter par exemple comme je l'avais fait d'acheter et d'étudier les cinq tomes de l'ouverture Cf3 par Kramnik alors que je me suis fait jeter par mon adversaire au bout de 3 coups dans une ouverture irrégulière même pas référencée dans l'encyclopédie des ouvertures.

Mais chacun a son style d’ apprentissage. L'essentiel c'est de gagner.

lundi 21 décembre 2009

KARPOV TOPALOV - LINARES 1994 Code de la partie

Ci dessous : Karpov (1 ère image) , Topalov (2ème image) :

Source des images : Wikipedia. Début des commentaires dans deux jours.

Une des plus belles parties d' échecs de tous les temps !!


1. d4 Cf6 2. c4 c5 3. Cf3 cxd4 4. Cxd4 e6 5. g3 Cc6 6. Fg2 Fc5 7. Cb3 Fe7 8. Cc3 O-O 9. O-O d6 10. Ff4 Ch5 11. e3 Cxf4 12. exf4 Fd7 13. Dd2 Db8 14. Tfe1! g6 15. h4 a6 16. h5 b5 17. hxg6 hxg6 18. Cc5 dxc5 19. Dxd7 Tc8 20. Txe6!! Ta7 21. Txg6+! fxg6 22. De6+ Rg7 23. Fxc6 Td8 24. cxb5 Ff6 25. Ce4 Fd4 26. bxa6 Db6 27. Td1 Dxa6 28. Txd4!! Txd4 29. Df6+ Rg8 30. Dxg6+ Rf8 31. De8+ Rg7 32. De5+ Rg8 33. Cf6+ Rf7 34. Fe8+ Rf8 35. Dxc5+ Dd6 36. Dxa7 Dxf6 37. Fh5 Td2 38. b3 Tb2 39. Rg2 1-0


mercredi 16 décembre 2009

CINEMA : IVAN LE TERRIBLE ET L' AVENIR DU BLOG

Le Tsar Ivan Le Terrible jouant aux échecs :



Dans le cadre d’un ciné club, j’ai eu l’occasion d’aller voir le film Soviétique « Ivan Le Terrible ».

Quel rapport avec les échecs ? Et bien ce Tsar (qui fut le premier) jouait aux échecs.
Il décéda lors d’une partie d’échecs (certainement empoisonné).

Cela m’a emmené à me poser différentes questions sur mes récentes défaites.
Suis-je trop doux dans mes parties « pendule » ?
Dois je durcir mon entraînement en délaissant mes méthodes du jeu par correspondance qui imposent des variantes paradoxalement plus douces mais plus mathématiques ?
Bref, la méthode d’entraînement est totalement différente.
En tant que développeur informatique comment puis je créer des personnages, bref des avatars ce qui était le rêve de Botvinnik alors que Fritz et Rybka sont trop parfaits car trop mathématiques.
Chess base s’y est essayé mais de façon imparfaite par rapport à ce que je souhaite.
D’accord les échecs sont un jeu pacifique mais la terminologie reste guerrière puisqu’il s’agit de « mater » le Roi adverse ou du moins de contraindre son adversaire à la capitulation.
Si je gagne par ordinateur c’est parce que pense la partie comme la résolution mathématique d’une suite de casses têtes logiques.
Alors que dans le jeu à la pendule, l’aspect psychologique est prépondérant et aussi la gestion du temps, de la pendule.

D’ailleurs à la relecture des feuilles de parties (pénible à cause de mon écriture), j’ai constaté combien les écarts étaient en fait plus ténus que ce que je croyais.
C’est donc ma volonté qui ne va pas car elle ne me permet pas une concentration indispensable aux moments clés.

Dois je donc passer du "jeune débutant" de 57 ans que je suis au méchant personnage qui n’a qu’une pensée : gagner.
A quoi servent l’art , les mathématiques et le plaisir de jouer si je ne gagne pas ?
Comment Ivan le Terrible est passé du jeune innocent dont la mère fut assassinée au terrible tyran qui unifia toutes les Russies ?

J’ai essayé de m’imprégner de l’école Russe en essayant d’avoir un professeur venant de l’ Ecole Russe ; un Grand Maître qui a commencé à 6 ans alors que moi j’ai commencé plus de 50 ans après.
Encore un raté ! Ces cours ont cessé.
S’il le faut j’irai en Russie.
En vérité, puisque la vie est une partie d’échec, la véritable partie que je livre est pour mettre mat le vieillissement.
Avec tous les projets que j’ai, il sera obligé de reculer.
Je sais que j’aurais dû commencer à 6 ans mais je pourrai former quelqu’un qui deviendra peut être un nom dans les échecs ou alors je créerai des modules informatiques, ou des problèmes, ou des simulations mais je sais qu’il en sortira quelque chose .
Voilà pourquoi je n’arrêterai pas quitte à périr sur un échiquier.
J’ai déjà conquis un rocher de Fontainebleau comme cela après plus de 50 essais.
Certains alpinistes me prenaient pour un fou.Quand je compare aujourd’hui leur palmarès et le mien je souris de leur moquerie passée car ils sont bien loin.
Ce blog sera relancé afin d’en faire remonter le rang dans Google.
Pour cela je commencerai par commenter des parties célèbres en commençant par celle de Karpov contre Topalov à Linares.
En quoi une mazette n’aurait pas le droit de commenter une partie de champion du monde ?

Merci donc à Ivan le Terrible pour ce qu’il m’a appris : lutter même dans l’incompréhension générale même si évidemment je n’apprécie pas la cruauté.
Il faut une capacité d’abnégation totale dans l’entraînement et s’imposer les épreuves les plus terribles, comme le Ttsar Ivan.

lundi 23 novembre 2009

BLOG EN VEILLEUSE


Il y a des moments difficiles dans la vie.
Quand l'espoir renaîtra t'il ?
Peut être jamais.
Faut il mourir d'aimer parce que le jeu de la vie ne l'a pas voulu ?
Ou simplement attendre que la flamme s'éteigne doucement dans la douleur de l'absence ?

lundi 17 août 2009

CINEMA : "JOUEUSE"



J’avais décidé de ne plus écrire dans ce blog avant le 08 Septembre.
Mais voilà : je suis allé voir le film « Joueuse « avec Sandrine Bonnaire et Kevin Klein.


Et il y a des moments dans la vie qui vous font changer de chemin.
En fait il s’agit d’une très belle histoire où deux mots dominent : amour et passion.

Le jeu d’échec y est comme toile de fond où s’entremêlent les personnalités et la sensualité des personnages.

J’étais assez sceptique avant d’aller voir le film : je n’arrivai pas à penser comment il était possible de faire ressentir la passion des échecs à travers un tel scénario.
Je m’attendais à un film mièvre « à la Française » où l’on retrouve l’éternel trio de mauvais goût : mari cocu, femme et amant.

Mais je m’étais dit : j’y vais et si cela ne me plait pas je partirai avant la fin.

C’est d’ailleurs comme cela que je traite pratiquement tous les films : je n’en connais pas la fin pour la plupart.

Or, non seulement je suis resté mais en plus j’irai revoir ce film une deuxième fois.

Amis passionnés d’échecs ne vous attendez pas à trouver dans ce film une explication détaillée de la Sicilienne Dragon avec toutes ses variantes.

Non, c’est un film d’ambiance, d’une ambiance toute sensuelle qui réconcilie avec le vrai plaisir du cinéma que l’on savoure comme un fruit à travers milles petits gestes, mille attitudes, les entrecoupements des bruits familiers de la pendule d’échecs et des silences, des regards qui rythment une partie, et avec une musique de très grande sensibilité qui nous donne l'impression d'effleurer les pièces de l'échiquier.
A travers le glissement des yeux qui suivent doucement la caméra c’est la tension intime qui existe entre les protagonistes d’une partie d’échecs qui s’exprime.


C’est aussi une belle fresque sociale qui nous apprend ceci : quelle que soit son origine sociale on peut changer sa vie pour réaliser ses rêves et compter face aux autres en décidant de s’adonner à une passion.

Et dans ce film cette passion est le jeu d’échecs.

Mais j’aurai l’ humilité de ne pas tout ramener aux échecs car cette passion pourrait être toute autre.
C’est ce qui fait l’extraordinaire richesse intellectuelle de ce film et c’est pour cela qu’on ne s’y ennuie jamais.
Tous ceux qui partis d’origines modestes auront franchi les caps de leur passions se reconnaîtront dans cette fresque qu’ils soient sportifs et artistes ou scientifiques.
Or précisément les échecs sont à la fois un sport, un art et une science.

L’héroïne, Hélène jouée par Sandrine Bonnaire est femme de ménage et vit un quotidien commun et sans passion aux côtés de son mari et de sa fille.

Jusqu’au jour où elle subit le coup de foudre du jeu en observant une partie d’échecs entre deux amants.

A partir de cet instant sa vie va se transfigurer.

Je ne vais pas raconter les détails du scénario mais Hélène, la femme de ménage va oser demander à un de ses patrons, le Docteur Kröger, ( Kevin Klein ) de lui apprendre à mieux jouer .

Or le Docteur est riche et il est le patron qui maugrée parce qu'il ne veut pas qu' Hélène bouge trop son mobilier: il ne connaît même pas son prénom tant il est noyé dans son passé depuis que sa femme est morte.
Hélène est plutôt pauvre et c'est l'employée et sa fille le vit mal.
Le mari d' Hélène, cassé par le travail, ne voit même plus sa femme.
Mais toute la sensualité du film vient des rapports entre cette simple femme de ménage et ce docteur un peu bourru et misanthrope qui aime enseigner.
D'abord méprisant il finira par éprouver de l'estime envers Hélène, franchissant les barrières sociales comme l'on détruit un bouclier du roque.
Mais cette estime sera aussi le respect qu'il aura pour celle qui aura su apporter du mouvement dans cette pièce.
Dans la pièce immobile les pièces du jeu s'animent et la vie renait chez Kröger.
Comme après chaque partie même perdue l'espoir de la revanche renait.
C'est ainsi qu'il ne fallut pas moins de trente parties nulles conre Karpov pour que Kasparov réussisse à faire basculer le destin en sa faveur.

L’attirance qu' Hélène et le Docteur auront l’un vers l’autre à travers le jeu d’échec sera plus forte que le désir qu’ils auraient pu avoir à se livrer à l’adultère. ( On peut s'imaginer mais dans l'art cinématographique ce qui est suggéré est plus fort que ce qui est montré comme aux échecs la menace et souvent plus importante que l'attaque).
Le mari d’ Hélène, Ange ( Francis Renaud ) est jaloux mais il évolue et découvre que ce n’est pas le Docteur Kröger mais bien la passion des échecs qui est entrée comme troisième personne dans le couple.
Dans ce film, aucune coucherie entre Kröger et Hélène, non par moralité mais par esthétisme: c’est ce qui transcende le désir comme une carte du tendre et son point d’orgue où Hélène et Kröger se récitent une partie d’échecs en se regardant simplement et sans échiquier auprès de laquelle le Kama Sutra semblerait sorti de l’âge des cavernes par rapport à la sensualité de ce rapport si fort.
Le grand mérite de la réalisatrice aura été de ne pas faire dévier l'histoire en une simple histoire de promotion canapée car cela aurait cassé toute la sensualité toute en diagonale qui émane de ce film.
Car il s'agit bien de la femme sujet et non objet qui vit dans ce film : la reine qui prend en main son destin.(Je préfère à ce sujet le titre féminin du film où il est fait référence à "The Queen").
Or la Reine est ici l'employée mais l'égalité des chances que lui donne Kröger à travers le jeu lui redonne à lui aussi de la force.
C'est d'ailleurs une raison pour lesquelles dans mes commentaires de ce blog j'appelle le plus souvent la Dame par son nom "Reine" en infraction aux usages échiquéens en France.
Ce n'est pas une erreur mais une volonté d' affranchissement.
Mais il n'y a pas de connotation féministe dans le film car les nuances sont dans l'évolution des personnalités masculines et ne tombent jamais dans le registre du manichéen.
C'est aussi une grande force de la réalisatrice de ne pas délivrer de message féministe mais plutôt un message d'émancipation quasiment universel.
Il y a des évocations à Cendrillon qui a trouvé son prince charmant en la personne de Kröger.
La partie qu'il se récitent sans matériel est un poème amoureux sans oser le dire.
Hélène est heureuse et Ange qui aime sa femme et qui lui porte de nouveau le regard de l'amant et non de l'époux, comprend cela : il n’a pas de prise sur le jeu : cela lui casse la tête et son bonheur est d’assister à l’ascension de sa femme qui gagne son premier tournoi en repensant comme par télépathie aux paroles du Docteur.

Puis tout s’enchaîne.Hélène rompt les amarres non avec sa famille mais avec la prédestination sociale qui semblait l’enfermer dans son rôle de femme de ménage.
D’où la très belle scène du bateau qui quitte l’Ile dans le décor somptueux de la Corse.

Cette quête du Graal qui n’est qu’ une quête d’épanouissement se nourrit des métaphores si nombreuses aux échecs

Hélène a osé : elle a gagné.

Beaucoup sauront y reconnaître leur propre destinée.

Merci à tous, aux acteurs, à Caroline Bottaro, réalisatrice qui signe un coup de maître pour son premier long métrage

Car les échecs ont un pouvoir sur notre terne quotidien : un pouvoir nommé désir.
Souhaitons que ce film fasse naître de nombreuses vocations.
Source des images : Studio Canal.