lundi 23 novembre 2009

BLOG EN VEILLEUSE


Il y a des moments difficiles dans la vie.
Quand l'espoir renaîtra t'il ?
Peut être jamais.
Faut il mourir d'aimer parce que le jeu de la vie ne l'a pas voulu ?
Ou simplement attendre que la flamme s'éteigne doucement dans la douleur de l'absence ?

lundi 17 août 2009

CINEMA : "JOUEUSE"



J’avais décidé de ne plus écrire dans ce blog avant le 08 Septembre.
Mais voilà : je suis allé voir le film « Joueuse « avec Sandrine Bonnaire et Kevin Klein.


Et il y a des moments dans la vie qui vous font changer de chemin.
En fait il s’agit d’une très belle histoire où deux mots dominent : amour et passion.

Le jeu d’échec y est comme toile de fond où s’entremêlent les personnalités et la sensualité des personnages.

J’étais assez sceptique avant d’aller voir le film : je n’arrivai pas à penser comment il était possible de faire ressentir la passion des échecs à travers un tel scénario.
Je m’attendais à un film mièvre « à la Française » où l’on retrouve l’éternel trio de mauvais goût : mari cocu, femme et amant.

Mais je m’étais dit : j’y vais et si cela ne me plait pas je partirai avant la fin.

C’est d’ailleurs comme cela que je traite pratiquement tous les films : je n’en connais pas la fin pour la plupart.

Or, non seulement je suis resté mais en plus j’irai revoir ce film une deuxième fois.

Amis passionnés d’échecs ne vous attendez pas à trouver dans ce film une explication détaillée de la Sicilienne Dragon avec toutes ses variantes.

Non, c’est un film d’ambiance, d’une ambiance toute sensuelle qui réconcilie avec le vrai plaisir du cinéma que l’on savoure comme un fruit à travers milles petits gestes, mille attitudes, les entrecoupements des bruits familiers de la pendule d’échecs et des silences, des regards qui rythment une partie, et avec une musique de très grande sensibilité qui nous donne l'impression d'effleurer les pièces de l'échiquier.
A travers le glissement des yeux qui suivent doucement la caméra c’est la tension intime qui existe entre les protagonistes d’une partie d’échecs qui s’exprime.


C’est aussi une belle fresque sociale qui nous apprend ceci : quelle que soit son origine sociale on peut changer sa vie pour réaliser ses rêves et compter face aux autres en décidant de s’adonner à une passion.

Et dans ce film cette passion est le jeu d’échecs.

Mais j’aurai l’ humilité de ne pas tout ramener aux échecs car cette passion pourrait être toute autre.
C’est ce qui fait l’extraordinaire richesse intellectuelle de ce film et c’est pour cela qu’on ne s’y ennuie jamais.
Tous ceux qui partis d’origines modestes auront franchi les caps de leur passions se reconnaîtront dans cette fresque qu’ils soient sportifs et artistes ou scientifiques.
Or précisément les échecs sont à la fois un sport, un art et une science.

L’héroïne, Hélène jouée par Sandrine Bonnaire est femme de ménage et vit un quotidien commun et sans passion aux côtés de son mari et de sa fille.

Jusqu’au jour où elle subit le coup de foudre du jeu en observant une partie d’échecs entre deux amants.

A partir de cet instant sa vie va se transfigurer.

Je ne vais pas raconter les détails du scénario mais Hélène, la femme de ménage va oser demander à un de ses patrons, le Docteur Kröger, ( Kevin Klein ) de lui apprendre à mieux jouer .

Or le Docteur est riche et il est le patron qui maugrée parce qu'il ne veut pas qu' Hélène bouge trop son mobilier: il ne connaît même pas son prénom tant il est noyé dans son passé depuis que sa femme est morte.
Hélène est plutôt pauvre et c'est l'employée et sa fille le vit mal.
Le mari d' Hélène, cassé par le travail, ne voit même plus sa femme.
Mais toute la sensualité du film vient des rapports entre cette simple femme de ménage et ce docteur un peu bourru et misanthrope qui aime enseigner.
D'abord méprisant il finira par éprouver de l'estime envers Hélène, franchissant les barrières sociales comme l'on détruit un bouclier du roque.
Mais cette estime sera aussi le respect qu'il aura pour celle qui aura su apporter du mouvement dans cette pièce.
Dans la pièce immobile les pièces du jeu s'animent et la vie renait chez Kröger.
Comme après chaque partie même perdue l'espoir de la revanche renait.
C'est ainsi qu'il ne fallut pas moins de trente parties nulles conre Karpov pour que Kasparov réussisse à faire basculer le destin en sa faveur.

L’attirance qu' Hélène et le Docteur auront l’un vers l’autre à travers le jeu d’échec sera plus forte que le désir qu’ils auraient pu avoir à se livrer à l’adultère. ( On peut s'imaginer mais dans l'art cinématographique ce qui est suggéré est plus fort que ce qui est montré comme aux échecs la menace et souvent plus importante que l'attaque).
Le mari d’ Hélène, Ange ( Francis Renaud ) est jaloux mais il évolue et découvre que ce n’est pas le Docteur Kröger mais bien la passion des échecs qui est entrée comme troisième personne dans le couple.
Dans ce film, aucune coucherie entre Kröger et Hélène, non par moralité mais par esthétisme: c’est ce qui transcende le désir comme une carte du tendre et son point d’orgue où Hélène et Kröger se récitent une partie d’échecs en se regardant simplement et sans échiquier auprès de laquelle le Kama Sutra semblerait sorti de l’âge des cavernes par rapport à la sensualité de ce rapport si fort.
Le grand mérite de la réalisatrice aura été de ne pas faire dévier l'histoire en une simple histoire de promotion canapée car cela aurait cassé toute la sensualité toute en diagonale qui émane de ce film.
Car il s'agit bien de la femme sujet et non objet qui vit dans ce film : la reine qui prend en main son destin.(Je préfère à ce sujet le titre féminin du film où il est fait référence à "The Queen").
Or la Reine est ici l'employée mais l'égalité des chances que lui donne Kröger à travers le jeu lui redonne à lui aussi de la force.
C'est d'ailleurs une raison pour lesquelles dans mes commentaires de ce blog j'appelle le plus souvent la Dame par son nom "Reine" en infraction aux usages échiquéens en France.
Ce n'est pas une erreur mais une volonté d' affranchissement.
Mais il n'y a pas de connotation féministe dans le film car les nuances sont dans l'évolution des personnalités masculines et ne tombent jamais dans le registre du manichéen.
C'est aussi une grande force de la réalisatrice de ne pas délivrer de message féministe mais plutôt un message d'émancipation quasiment universel.
Il y a des évocations à Cendrillon qui a trouvé son prince charmant en la personne de Kröger.
La partie qu'il se récitent sans matériel est un poème amoureux sans oser le dire.
Hélène est heureuse et Ange qui aime sa femme et qui lui porte de nouveau le regard de l'amant et non de l'époux, comprend cela : il n’a pas de prise sur le jeu : cela lui casse la tête et son bonheur est d’assister à l’ascension de sa femme qui gagne son premier tournoi en repensant comme par télépathie aux paroles du Docteur.

Puis tout s’enchaîne.Hélène rompt les amarres non avec sa famille mais avec la prédestination sociale qui semblait l’enfermer dans son rôle de femme de ménage.
D’où la très belle scène du bateau qui quitte l’Ile dans le décor somptueux de la Corse.

Cette quête du Graal qui n’est qu’ une quête d’épanouissement se nourrit des métaphores si nombreuses aux échecs

Hélène a osé : elle a gagné.

Beaucoup sauront y reconnaître leur propre destinée.

Merci à tous, aux acteurs, à Caroline Bottaro, réalisatrice qui signe un coup de maître pour son premier long métrage

Car les échecs ont un pouvoir sur notre terne quotidien : un pouvoir nommé désir.
Souhaitons que ce film fasse naître de nombreuses vocations.
Source des images : Studio Canal.




vendredi 10 juillet 2009

MES TOURNOIS A L' AJEC








Une des raisons pour lesquelles le rythme de parution dans ce blog a sérieusement ralenti est ma participation à des tournois de l’AJEC (association des joueurs d’ échecs par correspondance) membre de l’ ICCF (International Correspondance Chess Federation).

Il s’agit effectivement d’une discipline très dure ; c’est toujours un véritable mano à mano, un duel qui me rappelle les grands duels du Tour de France comme ci-dessus le duel Anquetil Poulidor dans le Puy De Dôme.

Je vous invite à essayer au moins une saison à l’Ajec (ci-dessus les sigles ainsi que le revue).

Pour ma part je m’entraîne beaucoup plus aux échecs que ne le faisais lorsque j’étais coureur cycliste ou lorsque j’étais Alpiniste.

J’affirme que des trois sports que j’ai pratiqué c’est dans les échecs que je me suis le plus investi et que c’est aux échecs que la discipline a été la plus exigeante pour moi.

Je vais jusqu’ à 30 heures d’entraînement par semaine (mais ma moyenne est plutôt 15 heures).




mardi 30 juin 2009

FIN DE LA PARTIE CARLSEN SHIROV DE L' AEROSVIT 2008

Avant le coup 61 des noirs fatal pour Shirov :

Nous sommes au coup 61 pour Shirov et c’est là qu’il commet l’erreur fatale : il place son fou en G7 ( flèche rouge ).
Se faisant il abandonne le contrôle de la diagonale (flèche marron).
Or ce contrôle était essentiel pour éviter au roi de Carlsen de s’avancer dans la case verte (flèche rose).
En effet pour le roi de Carsen se mettre dans cette case signifie fermer toute porte de sortie au roi de Shirov sur la colonne H et donc l’enfermer dans un réseau de mat.

Tant que le roi de Shirov pouvait s’échapper vers le Sud sur sa colonne, Shirov gardait encore un espoir de partie nulle.

La seule solution de garder le contrôle de la diagonale pour Shirov était d’ aller vers le nord ouest et de placer son fou en c7 ou b8 (flèche jaune) (pas sur le rectangle rouge contrôlé par la tour adverse).

Quel dommage : jusqu’ au bout Shirov aura résisté à Carlsen et en un seul coup tout s’écroule !!

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Pour mémoire : le code de la fin de partie :

31...Td8-d7 32.Tc1–c2 32...Rg8-g7 33.Rg2-f1?? Fe5-f6 34.Tc2-c4 Ta5-a8 35.Tc4-f4 Ta8-a5 36.Rf1–e2? Ta5-c5 [36...Td7-d5] 37.Tf4-c4 Tc5xc4 38.Tb4xc4 Ff6xb2 39.Tc4xa4 c6-c5 40.Re2-f1 b7-b6 41.Ff3-e2 Fb2-c3 42.Fe2-b5 Td7-d1+ 43.Rf1–g2 Fc3-a5 44.Ta4-f4 Rg7-g6 45.a3-a4 Fa5-c3 46.g3-g4 f5xg4 47.Fb5-e8? Fc3-e5? 48.Fe8xf7+ Rg6-g5 49.Tf4-e4 Rg5-f5? 50.Te4-c4 Td1–d7 51.Ff7-h5 Td7-g7 52.a4-a5 b6xa5 53.Tc4xc5 Tg7-a7 54.Tc5-c4 Ta7-g7 55.Tc4-c5 Tg7-a7 2 EME REPETITION 56.Tc5-c4 Ta7-g7 57.Tc4-c6 Tg7-a7 58.Fh5-g6+ Rf5-g5 59.Fg6-c2 a5-a4 60.Tc6-g6+ Rg5-h5? 61.Tg6-e6? DIAGRAMME Fe5-g7?? ERREUR FATALE [61...Fe5-c7 ou b8 contrôle la diagonale et empêche le roi de Carlsen d’avancer] 62.Rg2-g3 1–0

jeudi 25 juin 2009

LA BEAUTE DU JEU D' ECHECS


jeudi 11 juin 2009

UNE STRATEGIE POUR FAIRE GAGNER SHIROV DANS L' AEROSVIT

Offensive du fou sur l'aile gauche : elle permet de dégager la colonne E pour ouvrir le chemin du pion avancé protégé en rouge tout en isolant le pion jaune de Carlsen.
Double coup tout en reculant !!

Voici un deuxième schéma gagnant pour Shirov.(Le premier étant hélas mauvais car non reconstitué).
A partir du coup 38 au lieu de bouger son roi comme l’a fait Shirov (pour une petite balade prophylactique et dans le but de le protéger en obligeant son adversaire à modifier sa stratégie de mat), pourquoi ne pas regarder vers la gauche de l’échiquier ?

On notera au préalable que le Roi de Carlsen n’est pas du tout protégé sur sa gauche.

Ce chapitre peut s’intituler : comment le centre de gravité bascule de droite à gauche et aboutir à une position gagnante ?

C’ était l’objet de mon précédent graphique qui en fait résulte d’un rêve.
J’ai eu cette idée à peu près à deux heures du matin et me suis levé immédiatement pour la transcrire sur l’échiquier.

Mais je n’ai pas réussi à le reconstituer par ordinateur : j’en déduis donc que le diagramme précédent était un mauvais rêve en tout cas pas prémonitoire.

Par contre il m’a donné l’idée du diagramme que je vous soumets aujourd’hui.
Or avant ce rêve je n’y avais pas pensé.

En fait le mérite de ce rêve a été de m’interpeller sur la nécessité de recentrer ma vision sur l’aile gauche à l’inverse de Shirov qui a joué son roi à l’aile droite : coup trop défensif qui dénote peut être une certaine démoralisation en tout cas une fatigue que ne connaît peut être pas Carlsen plus jeune.

Pour faire basculer le centre de gravité il n’y a rien de tel que les diagonales.
Dans cette configuration c’est le fou qui va tout faire basculer (diagonale rose). Il ne faut jamais oublier de faire reculer ses fous quand l’opportunité se présente : aux échecs reculer peut signifier gagner.
En effet ce mouvement de recul permet de consolider la colonne ouverte du pion avancé protégé (rouge) et a le mérite d’isoler le pion A3 de Carlsen (en jaune sur le diagramme).
C'est-à-dire un double coup gagnant et offensif c'est-à-dire apte à surprendre et à déstabiliser.

Certes Rybka donne une nulle dans cette hypothèse mais ce coup offensif aurait pu déstabiliser psychologiquement Carlsen car maintenant toute sa stratégie d’attaque à droite est contrebalancée par un contre offensive à gauche sur une aile où il est particulièrement minoritaire.

A quoi cela tient au niveau Grand Maître? Parfois à pas grand-chose.

vendredi 29 mai 2009

UNE STRATEGIE POUR FAIRE GAGNER SHIROV DANS L' AEROSVIT


Je propose le modèle ci dessus pour faire gagner Shirov dans l' Aérosvit.
Je vais vérifier sa validité ce week end.